Le delta, c’est quoi ?
Q : Quidam ; D : Deltiste
Q – Le delta, c’est quoi ?
D – Le deltaplane, c’est l’activité qui a engendré le vol libre, ça a commencé dans les années 60-70 !
Q – Mais, ça n’existe plus le delta !
D – Faux ! Quelques éléments d’explications concernant la popularité du parapente par rapport au delta… Le parapente, originaire du parachutisme, est apparu plutôt dans les années 90 et a connu un fort engouement. L’amalgame avec le parachute, dispositif souvent dédié à la sécurité, lui a procuré une réputation de sûreté. Pourtant, le parapente est très différent du parachute ! Voyez les parachutistes de saut qui enchaînent les 360 pour atterrir plus rapidement et pouvoir refaire un saut au plus vite. Car ce qui les intéressent, c’est bien la chute libre, pas le parachute lui-même. Et bien on s’imagine plus difficilement s’amuser à enchaîner les 360 avec un parapente, car le risque de ne plus pouvoir sortir de la spirale est important. Cependant, le côté pratique lui a valu d’être adopté facilement : un sac dans le coffre, et hop, on part voler ! Et on notera aussi qu’il est possible de faire ses premiers grands vols rapidement après les premiers contacts avec l’engin.
Q – C’est vrai que côté pratique, le parapente est imbatable. Je me demande pourquoi certains persistent à voler en deltaplane…
D – C’est bien qu’ils doivent avoir une bonne raison ! Certains persistent effectivement à voler en deltaplane, mais d’autres s’y mettent, et sans forcément avoir pratiqué le parapente au préalable ! Ce qui intéressent les deltistes et aspirants deltistes ? Principalement les sensations de vol. En effet, voler coucher, directement sous son aile, c’est bien ce qui nous rapproche du vol de l’oiseau. C’est un rêve de gosse que l’on n’a pas oublié, et que l’on ne se prive pas de mettre en pratique ! En bref, on ne peut pas comparer parapente et deltaplane, ou remplacer l’un par l’autre ; les deux sont vraiment différents. Le premier se distingue par son aspect pratique et le second par des sensations de vol remarquables.
Q – Ouais… enfin le parapente reste quand même bien plus sûr !
D – Absolument pas ! Le deltaplane des années 60-70 était certes très dangereux, c’est pourquoi deux dispositifs de sécurité lui ont été ajoutés : baguettes de calage et cordelettes ou câbles de rappel. Depuis, le deltaplane est en engin volant relativement sûr, par rapport au parapente, puisque contrairement à celui-ci, il ne risque pas les fermetures intempestives. D’autre part, le pilote étant situé juste sous son aile, en cas d’impact, il est partiellement protégé par la structure rigide. De plus, un deltaplane vieillit bien mieux qu’un parapente et il n’est pas rare de voir certains pilotes voler avec des ailes des années 80. Un deltaplane, c’est généralement un tube de quille, deux tubes de bord d’attaque, une transversale, un mât, un peu de visserie pour relier le tout, et une toile bien solide très proche de ce qui se fait en voile mais exposée à bien moins de contraintes mécaniques. On y adjoint un trapèze pour le pilotage et le tour est joué ! Un deltaplane de loisir pour un pilote de poids moyen, c’est environ 15m² de surface de toile, contre 25m² pour l’équivalent en parapente. Aussi, le deltaplane est autostable sur tous les axes (tangage, roulis, lacet). Essayez de faire décrocher une aile de deltaplane, il faut y mettre du sien, surtout pour maintenir le décrochage ! Autrement, l’aile reprend son vol naturellement. En conditions très thermiques de montagne, finie la peur des fermetures ! Et les conditions de vent soutenu en bord de mer seront accessibles rapidement au nouveau pilote, sans pour autant sacrifier la sécurité.
Q – Mouais… enfin un delta, ça vole trop vite pour moi.
D – Un delta de loisir a une vitesse-air minimale de vol autour de 25 km/h, parfois moins. Cependant, vous contrôlez vraiment votre vitesse, c’est un nouvel axe de pilotage. En cas de vent forcissant, vous accélérez facilement à 50 km/h et bien plus sur un delta intermédiaire ou avancé. Dans le vent soutenu, il est possible de faire du sur-place intentionnellement pour profiter des ascendances. Il suffira de s’avancer dans le trapèze pour reprendre rapidement du terrain.
Q – OK, mais… trente minutes pour monter son aile ? Trente minutes de plus pour la replier ? C’est trop…
D – Un delta de loisir se monte aisément en cinq à dix minutes. Ajoutez à cela cinq minutes supplémentaires pour faire votre prévol proprement. Pour le replier, cinq à dix minutes suffiront.
Tristan Debrousse


